Jean-Marie MASSON, Dimanche 15 janvier 2012, Vœux Pattensen

1.
Un jumelage, pourquoi ?
Avec l'Allemagne, pourquoi ?

Au début des années 1970, la Municipalité s'est trouvée sensibilisée par une vision au-delà des frontières afin de permettre aux jeunes de la commune de découvrir d'autres horizons, d'autres façons de vivre, en un mot, s'ouvrir vers nos voisins, plus spécialement européens.

Pour autant, la volonté d'échanges était toujours là, même si, en cette première moitié de la décennie 1970, les jumelages étaient peu développés et en étaient à leurs premiers balbutiements.

Et pourtant, dès 1962, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer avaient lancé l'idée d'un rapprochement entre les Français et les Allemands après toutes ces années d'incompréhension, de guerres et d'atrocités, plus spécialement en s'adressant à la jeunesse des deux pays.
C'est ainsi que le 22 janvier 1963, Adenauer et de Gaulle signèrent le traité sur la coopération franco-allemande précisant que "la réconciliation du peuple allemand et du peuple français mettant fin à une rivalité séculaire, constitue un événement historique qui transforme en profondeur les relations entre les deux peuples".

Le traité suscita bien des critiques notamment d'ordre politique de la part des États-Unis d'Amérique ; il fut adopté par le Parlement le 13 juin 1963 même s'il ne satisfaisait pas l'ensemble des parlementaires et le Général de Gaulle qui avait le sens de la formule et se voulait rassurant, leur déclara : "Les traités sont comme les roses et les jeunes filles, ils ont leur temps". Ce à quoi Konrad Adenauer répondit quelque temps plus tard qu' "une rose isolée peut pourtant se flétrir rapidement. Mais le rosier, quant à lui était résistant comme bien peu d'autres plantes. Il repousse toujours."

En Normandie s'était créé avec des partenaires de Basse Saxe, le "Comité de Liaison Normandie - Basse Saxe" qui avait pour but de susciter le rapprochement entre les communes française et allemande et tendre à la signature de conventions de jumelage.
Grâce à cet organisme, plusieurs jumelages avaient déjà été signés entre des communes de Seine-Maritime et de la région de Hanovre quand, en 1975, la municipalité fut "approchée" par les représentants français du Comité -Henri Le Maur et Françoise Lenormand- et c'est ainsi que le 29 novembre 1975 eut lieu la première rencontre entre la municipalité de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et les représentants de la commune de Pattensen, proche de Hanovre, commune à l'époque essentiellement rurale qui s'est développée depuis, du fait de la proximité de la grande ville, "capitale" de Basse-Saxe.

Moment historique que cette première rencontre à laquelle participaient pour Saint-Aubin-lès-Elbeuf le maire, André Gantois, René Héroux, Bernard Salles, Ernest Cécile, Camille Munin, adjoints au Maire, et Jean-Pierre Blanquet, secrétaire général de la Ville. Pour Pattensen : le bourgmestre, August Botger, Horst Drucker, directeur de la Ville, Horst Morawitzky, adjoint du bourgmestre, Horst Spitzkof, conseiller municipal et Richard Kladiwa, adjoint au directeur de la Ville. Assistaient également à cette première rencontre : Nicole Quilbeuf, principale du collège et son adjoint ; Alain Riquier, professeur de langue allemande au collège, Mme Ghesquiere et M. Bauche, représentant les clubs sportifs, M. Pignaud, représentant le secteur associatif. Bien entendu, Monsieur Le Maur et mademoiselle Lenormand, représentants le Comité Normandie Basse Saxe étaient là pour guider les participants au cours de cette première rencontre et aussi éviter les écueils par trop de précipitations ou de … lenteur.

Comme on put le constater, ces premières conversations se faisaient bien sous l'angle de la jeunesse en privilégiant ce qui pouvait contribuer au respect de l'acte fondateur de l'Office Franco-allemand pour la jeunesse, c'est-à-dire en sollicitant les acteurs locaux susceptibles de susciter l'intérêt des plus jeunes pour la réussite de ce projet.

Pour mieux comprendre la suite, on peut aussi ajouter à titre anecdotique que MM. Gantois et Botger -les maires- avaient fait la guerre 1914-1918, que MM. Cecile et Morawitzky, celle de 1939-1945 et tous deux faits prisonniers, le premier en Allemagne durant les années 1940-1945, l'autre en France, après la victoire de mai 1945.

En conclusion de cette première rencontre du 29 novembre 1975, il fut convenu de privilégier, dans un premier temps, les échanges entre le collège Arthur Rimbaud et la RealSchule de Pattensen et entre les jeunes des clubs sportifs (football, athlétisme, handball, tennis). Les sapeurs pompiers furent invités à rencontrer leurs homologues de Pattensen.

La date du 22 janvier 1976 fut également choisie pour qu'une délégation de Saint-Aubin-lès-Elbeuf se rende à Pattensen.
Et c'est ainsi que tout s'enchaîna. Tout d'abord avec la signature d'une charte de jumelage le 22 janvier 1977 à Pattensen, le 12 février 1977 à Saint-Aubin-lès-Elbeuf de manière à ce que la population fut largement associée à cet acte fondateur de la coopération entre Pattensen et Saint-Aubin-lès-Elbeuf.
Le Comité de Jumelage saint-aubinois fut pour sa part créé le 14 décembre 1976, lors d'un assemblée générale constitutive et René Héroux, premier adjoint au Maire, fut désigné pour en prendre la présidence.
Déjà, on constatait un intérêt certain pour ce rapprochement avec Pattensen puisque le collège et les écoles élémentaires étaient représentés au sein du Conseil d'Administration ainsi que des clubs sportifs (handball, football, athlétisme), la paroisse catholique, les sapeurs pompiers et le Comité Normandie Basse Saxe.

1.
Eine Städtepartnerschaft, warum ?
Mit Deutschland, warum ?

Anfang der siebziger Jahre wurde die Stadtverwaltung  für eine Vision jenseits der Grenze sensibilisiert, um den Jugendlichen der Stadt zu ermöglichen, andere Horizonte sowie eine andere Lebensart, nämlich die unserer Nachbarn - vor allem der europäischen - zu entdecken.

Allerdings war die Austauschbereitschaft schon immer da, obwohl in der ersten Hälfte der 70er Jahre die Städtepartnerschaften nicht sehr entwickelt waren und noch in den Kinderschuhen steckten.

Jedoch hatten 1962 General de Gaulle und Bundeskanzler Adenauer die Idee einer Verständigung zwischen Franzosen und Deutschen nach all diesen Jahren der Missver-ständnisse, Kriege und Grausamkeiten. Sie haben sich  daher  entschieden, die Jugendlichen beider Länder anzusprechen. Und so haben de Gaulle und Adenauer am 22. Januar 1963 den Vertrag über die deutsch-französische Zusammenarbeit unterzeichnet. Sie waren der Überzeugung, dass "die Versöhnung zwischen dem deutschen und dem französischen Volk, die eine Jahrhunderte alte Rivalität beendet, ein geschichtliches Ereignis darstellt, dass das Verhältnis der beiden Völker zueinander von Grund auf neugestaltet“.

Der Vertrag erntete viel Kritik - auf politischer Ebene  besonders aus den Vereinigten Staaten -. Dennoch  wurde er vom Parlament am 13. Juni 1963 verabschiedet,  obwohl auch nicht alle Parlamentarier damit zufrieden waren.  General de Gaulle, der immer die richtigen Worte  fand und sich zuversichtlich gab, sagte: "Abkommen sind wie Rosen und junge Mädchen. Sie haben ihre Zeit.“ Und Konrad Adenauer antwortete  einige Zeit später, dass "eine einzelne Rose schon schnell welken kann. Aber der Rosenstrauch  ist widerstandsfähig wie  nur wenige andere Pflanzen. Und er blüht immer wieder“.

In der Normandie wurde das „Verbindungskomitee Normandie – Basse-Saxe“ mit niedersächsischen Partnern gegründet, um die Aussöhnung zwischen den französischen und deutschen Gemeinden zu fördern und die Unterzeichnung von Partnerschaftsverträgen zu unterstützen.
Dank dieser Organisation waren schon mehrere Partnerschaftsverträge zwischen Gemeinden in der Seine-Maritime und der Region von Hannover unterzeichnet worden, als 1975 die Stadtverwaltung mit den französischen Vertretern des Komitees, Henri Le Maur und Françoise Lenormand, in Kontakt gekommen ist. Und so fand am 29. November 1975 die erste Begegnung zwischen der Stadt Saint-Aubinl-lès-Elbeuf und Vertretern der Stadt Pattensen statt. Pattensen war damals eine ländliche Gemeinde, die sich seitdem aufgrund der Nähe zur Landeshauptstadt Hannover sehr entwickelt hat.

Diese erste Begegnung war ein historisches Ereignis. An der Begegnung nahmen seitens  der Stadt Saint-Aubin-lès-Elbeuf mehrere Personen teil: Bürgermeister André Gantois, sowie seine Vertreter René Héroux, Bernard Salles, Ernest Cécile und Camille Munin sowie Jean-Pierre Blanquet als Generalsekretär der Stadt. Für die Stadt Pattensen nahmen der Bürgermeister, August Bötger, Stadtdirektor Horst Drücker, stv. Bürgermeister  Horst Morawitzky, Ratsmitglied Horst Spitzkopf und Richard Kladiwa von der Verwaltung teil. Bei dieser ersten Begegnung waren außerdem noch dabei:  Nicole Quilbeuf, die Direktorin des Gymnasiums und ihr Stellvertreter; der Deutschlehrer Alain Riquier, für die Sportvereine  Frau Ghesquiere und Herrn Bauch und als allgemeiner Vertreter der Vereine  Herr Pignaud. Natürlich waren Herr Le Maur und Mademoiselle Lenormand vom Verbindungskomitees Normandie – Basse-Saxe ebenfalls anwesend, um die Teilnehmer während dieser ersten Begegnung zu führen und Klippen  sei es durch Überstürzung  … oder auch durch Langsamkeit zu meiden.

Wie deutlich zu sehen ist, hatte man bei diesen ersten Gesprächen ganz besonders die Jugend im Blickwinkel und zollte hiermit der Gründung des deutsch-französischen Jugendwerks Achtung.  Die lokalen Akteure sollten versuchen,  wo immer möglich das Interesse der Jugendlichen an einem  Erfolg dieses Projekts zu gewinnen.

Um die Folge besser zu verstehen, kann man auch als Anekdote hinzufügen, dass beide Herren Gantois und Bötger - damalige Bürgermeister – am Ersten Weltkrieg teilgenommen hatten, und dass die Herren Cecile und Morawitzky, die am  Zweiten Weltkrieg teilgenommen hatten, in Kriegsgefangenschaft gehen mussten: der eine in Deutschland von 1940 bis 1945, der andere in Frankreich, nach dem Sieg im Mai 1945.

In diesem ersten Treffen am 29. November 1975 wurde beschlossen, in der ersten Phase vorrangig einen Austausch zwischen dem Gymnasium Arthur Rimbaud und der Realschule Pattensen und zwischen den Jugendlichen der Sportvereine (Fußball, Athletik, Handball, Tennis) zu unterstützen.  Die Feuerwehrkameraden wurden aufgefordert, ihre Kollegen aus Pattensen zu treffen.

Außerdem wurde noch der 22. Januar 1976  als Datum für den Besuch einer Delegation aus Saint-Aubin-lès-Elbeuf in der  Stadt Pattensen bestimmt.
Und so ging es weiter mit der Unterzeichnung einer Städtepartnerschaftscharta am 22. Januar 1977 in Pattensen und am 12. Februar 1977 in Saint-Aubin-lès-Elbeuf, so dass die Bevölkerung an diesem Gründungsakt der Zusammenarbeit zwischen Pattensen und Saint-Aubin-lès-Elbeuf weitgehend beteiligt wurde. Das Partnerschaftskomitee von Saint-Aubin wurde am 14. Dezember 1976 im Rahmen einer Art konstituierenden Generalversammlung gegründet und René Héroux, erster stellvertretende Bürgermeister, wurde als Vorsitzender benannt.
Schon zu der Zeit  gab es ein unbestreitbares Interesse für diese Annäherung mit der Stadt Pattensen, denn das Gymnasium und die Grundschulen aber auch Sportvereine (Handball, Fußball, Athletik), die katholische Pfarrgemeinde, Feuerwehrkameraden und das Verbindungskomitee Normandie – Basse-Saxe waren bereits im Komitee vertreten.

2.
Trente-cinq années après,
qu'est-il advenu du jumelage
entre Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Pattensen ?

Les femmes et les hommes ont changé. René Héroux a pris le relais d'André Gantois en tant que maire en 1977 et il a constitué un "tandem" fort avec Horst Morawitzky devenu bourgmestre de Pattensen. Puis, Henning Hilliger s'est vu confié la tâche de premier magistrat, charge aujourd'hui occupée par Gunther Griebe. En 1995, Jean-Pierre Blanquet prenait la succession de René Héroux puis quittait la fonction de maire en 2009, me passant le relai.

Durant ces années, aucune défaillance, bien au contraire. Les échanges ont toujours été aussi fructueux, aussi intenses à telle enseigne que le Comité de liaison Normandie Basse Saxe cite en exemple la qualité du jumelage entre Pattensen et Saint-Aubin-lès-Elbeuf ; Karl Linger, qui fut son président outre Rhin pendant plusieurs décennies, ne manquant jamais de le rappeler. Aujourd'hui, Klauss Grüpe qui lui a succédé, maintient le "fil rouge" entre la Basse Saxe et la Normandie.

Bien sûr, cette réussite n'est pas l'œuvre de quelques uns mais bien de l'ensemble des partenaires qui se sentent impliqués dans ce rapprochement entre les deux cités, l'investissement profond de Walter Wende, Detlev Storz et de tant d'autres à Pattensen, répondait aux actions coordonnées à Saint-Aubin-lès-Elbeuf par les présidents du Comité de jumelage qui ont pris la suite : Camille Munin, Frédéric Schoener, Rémy Duhamel et maintenant Nathalie Duhamel.

Nathalie Duhamel, la nouvelle présidente, n'est pas une novice dans ce partenariat entre Pattensen et Saint-Aubin-lès-Elbeuf car c'est justement elle qui dirigeait -et dirige toujours- le camp de jeunes Franco-allemand organisé chaque année et qui regroupe une trentaine d'adolescents. Elle a mis en place une structure nouvelle en direction des jeunes en créant une section spécifique dans laquelle la génération qui sort de l'adolescence se sentira plus à l'aise mais qui aura la lourde charge de prendre, le moment venu, les rênes du mouvement.

On note aujourd'hui avec une grande satisfaction que les échanges sont toujours aussi nombreux, aussi amicaux, aussi sincères et que chacun a compris tout l'intérêt qu'il y avait à maintenir et faire fructifier ces liens entre les citoyens de nos deux communes car au fil des années et des décennies, des bonheurs partagés sont inscrits dans les mémoires des jeunes et des moins jeunes.

Témoin cet extrait de compte-rendu d'un séjour à Pattensen réalisé par un habitant de Saint-Aubin-lès-Elbeuf :

"… déjà 24 heures de partage de vie familiale, la connaissance réciproque progresse à grands pas. Mes hôtes ont invité, en fin de soirée, les grands parents. La "Gross Mutter" (grand-mère) à la belle chevelure blanche, toute frisée, visage doux et ouvert. Le grand père, beau vieillard de 81 ans encore jeune d'allure et noir de cheveux, très sympathique. Nous causons… "petit nègre" mais assez bien pour échanger. Lui, ancien combattant de 1914-1918, Verdun, Chamagne, etc. Je me suis présenté : 80 ans, ancien combattant de 1914-1918, Verdun, Chamagne, etc. Vous voyez le face-à-face et les souvenirs qui affluent… Nous tombons d'accord sur la stupidité des guerres avec leurs nombreuses séquelles, leurs ruines, leurs dérision. N'est-il pas préférable de travailler à la paix ? Je revois en cet homme si bon, si aimable l'ancien adversaire que j'ai eu, comme tant d'autres, dans le collimateur de ma mitrailleuse, avec mission de "le descendre". Lui aussi devait songer à ceux, comme moi, qu'il avait reçu l'ordre de tuer. Nous restons quelques instants face-à-face, en silence, puis, j'ouvre les bras. Il s'y précipite… nous nous embrassons… notre étreinte a duré de longues minutes… douces à vivre. Pattensen, à cause de ce moment là, restera à jamais gravé dans mon cœur." (René Devarrieux).

Ce témoignage est à rapprocher de celui que les témoins ont constaté lors de la signature de la charte de jumelage en 1977 lorsque August Botger et André Gantois apposaient leur signature sur le document. Eux aussi s'étaient sans doute trouvés face-à-face avec une arme de guerre à la main, mais l'heure de la réconciliation avait sonné. Et c'est dans les bras l'un de l'autre, unis dans la même volonté de se rapprochement Franco-allemand qu'ils nous ont dit : "Par cet acte, nous nous engageons à perpétuer les liens entre les populations des deux villes, en suscitant les échanges entre les associations locales, les familles et plus particulièrement les jeunes, à contribuer au rapprochement des peuples allemand et français, pour la construction d'une Europe plus unie."

 2.
Fünfunddreißig Jahre später,
was ist aus der Städtepartnerschaft
zwischen Saint-Aubin-lès-Elbeuf und Pattensen geworden?

Die Frauen und Männer sind andere. René Héroux hat im Jahr 1977 von André Gantois die Aufgaben als Bürgermeister übernommen und bildete  ein starkes Tandem zusammen mit Horst Morawitzky, der Bürgermeister von Pattensen geworden war. Dann war Henning Hilliger Bürgermeister und heute hat  Günther Griebe dieses Amt inne.  1995 wurde Jean-Pierre Blanquet der Nachfolger von René Héroux; er schied 2009 aus dem Amt, das ich nun seitdem innehabe.

Während dieser Jahre, keinerlei Störung, ganz im Gegenteil. Die Begegnungen waren so erfolgreich, so zahlreich, dass das Komitee  Normandie - Basse Saxe die Verbindung zwischen Pattensen und Saint-Aubin-Lès-Elbeuf  als beispielhaft bezeichnete. Karl Lingner, der während mehrerer Jahrzehnte Vorsitzender dieses Komitees jenseits des Rheins war, erinnerte immer wieder daran. Heute hält Klaus Grupe, sein Nachfolger, die Verbindung, den "roten Faden" zwischen Niedersachsen und der Normandie aufrecht.

Dieser Erfolg ist natürlich nicht das Werk von ein paar Individuen, sondern von all den Personen, die zur Annäherung  der beiden Städte beigetragen haben. Der große Einsatz von Walter Wende, Detlev Storz und vieler anderer aus Pattensen und auf der anderen Seite die  koordinierenden Maßnahmen der Vorsitzenden des Partnerschaftskomitees in Saint-Aubin-lès-Elbeuf: Camille Munin, Frédéric Schoener, Rémy Duhamel und jetzt Nathalie Duhamel.

Nathalie Duhamel, die neue Vorsitzende, ist keine Anfängerin in dieser Partnerschaft zwischen Pattensen und Saint-Aubin-lès-Elbeuf: sie leitete und leitet immer noch das deutsch-französische Jugendcamp, das jedes Jahres organisiert wird und ca. dreißig Jugendliche  zusammenbringt. Sie hat eine neue Struktur im Hinblick auf die  Jugendlichen entwickelt und  eine neue Gruppe gebildet, in der sich  diese Generation wohler fühlt, denn sie wird die schwere Aufgabe haben, die Zügel zu gegebener Zeit zu übernehmen.

Heute stellt man mit großer Zufriedenheit fest, dass die Begegnungen immer noch so zahlreich, so freundschaftlich, so ehrlich sind und jeder weiß um die Bedeutung der Erhaltung und der weiteren Stärkung dieses Bindegliedes zwischen Bürgern von unseren beiden Gemeinden, denn die über Jahre und Jahrzehnte erlebte gemeinsame Freude bleibt im Gedächtnis der jungen Leute und der weniger jungen.

Und nun  ein Auszug aus dem Bericht einer Begegnung, festgehalten  von einem Einwohner aus Saint-Aubin-Lès-Elbeuf (René Davarrieux).

„…Schon 24 Stunden ein gemeinsamen Familienleben, wir lernen uns gegenseitig immer besser kennen, es geht ganz schnell. Meine Gastgeber haben spät am Abend die Großeltern eingeladen. Die Großmutter, mit gelocktem schönem weißen Haar und einem weichen und offenen Gesicht. Daneben der Großvater, ein gut aussehender 81-jähriger älterer Herr mit einem jungen Aussehen und  schwarzen Haaren, sehr sympathisch. Wir plaudern… eine Art Kauderwelsch, aber gut genug, um sich zu verstehen. Er ist Veteran von Verdun, Chamagne, 1914-1918 ...  Ich stelle mich vor: 80 Jahre alt, Veteran von Verdun, Chamagne, 1914-1918 ...etc. Verstehen Sie die Flut von Erinnerungen, die uns überkommen, so von Angesicht zu Angesicht?  … Wir waren uns einig über die Dummheit der Kriege mit ihren zahlreichen Auswirkungen, ihren Trümmern, ihrem Spott. Ist es nicht besser, für  den Frieden zu arbeiten? Ich sehe diesen so guten und so freundlichen Menschen vor mir stehen, meinen ehemaligen Gegner, und auch die viele anderen habe ich vor Augen, wir hatten sie im Visier unseres  Maschinengewehrs mit dem Befehl, sie „abzuknallen“. Er hatte damals, so wie ich, den Auftrag erhalten zu töten. Wir bleiben ein paar Momente stehen, von Angesicht zu Angesicht, ganz ruhig, dann öffne ich meine Arme. Und wir fallen uns in die Arme… wir umarmen uns, lange,  schön - zu leben. Pattensen bleibt für immer in meinem Herzen eingraviert.“

Diese persönliche Aussage passt zu der Unterzeichnung der Partnerschaftsurkunde,  als 1977 August Botger und André Gantois dieses Dokument eigenhändig unterzeichnet haben. Vielleicht hatten  sich auch diese im Krieg gegenübergestanden, von Angesicht zu Angesicht, mit einer Waffe in der Hand - aber die Zeit der Versöhnung hat begonnen. Und Arm in Arm, vereint in dem gemeinsamen Wunsch der deutsch-französischen Versöhnung, hatten sie uns gesagt: „durch diesen Schritt verpflichten wir uns, die Verbindungen zwischen den Einwohnern unsere beiden Städte für immer aufrechtzuerhalten, durch Begegnungen der Vereinen, der Familien und vor allem junger Menschen, damit tragen wir bei zu einer Annährung zwischen dem  deutschen und dem französischen Volk, um letztendlich ein vereinteres Europa zu bauen."

3.
Les perspectives du jumelage
après 35 années d'existence

En 2012, le contexte dans lequel l'Allemagne et la France vivent est fort différent de celui que nous avons vécu durant les décennies 1950 -1960 - 1970.

Aujourd'hui, les yeux sont rivés sur l'avenir et la période que nous vivons depuis quelques mois démontre, une fois de plus, que ce n'est qu'avec une Allemagne et une France unies et fortes que nous entraînerons dans notre sillage le reste de l'Europe afin de surmonter les secousses monétaires et financières qui déstabilisent les États membres.

Bien sûr, nous avons nos différences. Même si nos cultures et nos pratiques ont tendance à se rapprocher, il subsiste toujours, à ce jour, des méthodes de gouvernance qui, tantôt nous éloignent, tantôt nous rapprochent, et je peux comprendre que le peuple allemand ne souhaite pas payer pour ceux qui se sont conduits en cigales plutôt qu'en fourmi sur le plan économique.

Pour autant, je reste profondément convaincu que la cordialité l'emportera toujours sur la froideur des chiffres et, si ces derniers mois, il a fallu colmater les brèches d'une Europe qui se cherche toujours, je persiste à croire que l'amitié franco-allemande est suffisamment forte pour surmonter les obstacles du moment.

De même, au niveau de nos deux cités, reconnaissons que l'aisance financière n'est plus à l'ordre du jour et nous nous devons d'examiner avec le plus grand soin les projets de demain.

Il faut impérieusement que les échanges entre les jeunes et les citoyens de Pattensen et de Saint-Aubin se poursuivent et, si possible, se développent encore au niveau des plus jeunes. Cela peut prendre des formes certes différentes, mais l'essentiel doit être maintenu.

On ne peut pas faire fi de trente-cinq années d'amitié enthousiaste. Il faut que nous, responsables politiques de part et d'autre du Rhin, comprenions bien les enjeux de demain.

Notre jumelage n'est pas la rencontre protocolaire d'un bourgmestre et d'un maire. Au contraire, il est marqué par des liens très forts entre les personnes, entre les familles. Et, dans le contexte européen et international d’aujoud’hui, les échanges de terrain sont plus que jamais indispensables.

L'apprentissage interculturel, l'initiation à la mobilité, la citoyenneté européenne -qui ne doit renier les spécificités de chacun- la solidarité, apparaissent comme des questions clés pour l'épanouissement des citoyens, la démocratie et pour les équilibres fragiles sur lesquels reposent les relations entre les États.
C'est le message que, je pense, nous devons léguer à nos enfants : ils nous jugerons sur l'héritage que nous leur laisserons.

3.
Die Städtepartnerschaftsperspektiven
nach 35 Jahren

Im Jahr 2012 sind die Rahmenbedingen in Deutschland und Frankreich ganz andere als in den 50er, 60er und 70er Jahren.

Heute sind die Augen auf die Zukunft gerichtet und die letzten Monate haben noch einmal deutlich gezeigt, dass es nur Deutschland und Frankreich vereint als starke Partner schaffen können,  den Rest Europas mit sich zu ziehen, um gemeinsam die finanziellen Erschütterungen, die die Mitgliedstaaten destabilisieren, zu bewältigen und zu überwinden.

Natürlich gibt es zwischen unseren Ländern Unterschiede. Obwohl unsere Kultur und unsere Gepflogenheiten dazu tendieren, sich aneinander anzunähern, werden auf der Ebene unserer Staatsführungen immer wieder Schritte unternommen, die uns manchmal voneinander entfernen, aber uns auch manchmal näher bringen. Ich kann schon verstehen, dass das deutsche Volk nicht für diejenigen zahlen möchte, die sich im Wirtschaftsbereich eher wie Zikaden anstatt wie Ameisen verhalten haben.

Ich bin dennoch fest davon überzeugt, dass die Herzlichkeit der Menschen immer über die Nüchternheit der  Zahlen siegen wird; und wenn wir auch in den letzten Monaten Löcher schließen  mussten innerhalb der europäischen Union, welche sich immer noch auf dem Weg zu sich selbst befindet, bleibe ich  bei der Ansicht, dass die deutsch-französische Freundschaft stark genug ist, um diese Hindernisse zu überwinden.

In ähnlicher Weise erkennen wir auf der Ebene unserer beiden Städte, dass der finanzielle Wohlstand nicht mehr an der Tagesordnung ist und wir uns mit großer Sorgfalt den künftigen Projekten zuwenden müssen.

Die Begegnungen zwischen Jugendlichen und allen anderen Bürgern aus Pattensen und Saint-Aubin müssen unbedingt weitergeführt werden und, wenn möglich, sollten auch schon die Kinder mit einbezogen werden.  Dies kann in unterschiedlicher Art und Weise geschehen, der Kern muss beibehalten werden.

Fünfunddreißig Jahre begeisterter Freundschaft können wir nicht einfach so in den Wind schlagen.  Wir, als politisch Verantwortliche auf beiden Seiten des Rheins, müssen uns darüber im Klaren sein, was auf dem Spiel steht.Aus diesem Grund haben wir vorbildlich zu handeln und dabei den Willen unserer Vorgänger bei unserer Amtsführung zu respektieren. Denn, an einem bestimmten Punkt in ihrem Leben angekommen, hatten unsere Vorgänger den Weitblick dafür gewonnen, ihre Landsleute in dieses schöne Abenteuer,  das die  Partnerschaft zwischen Pattensen und Saint-Aubin-lès-Elbeuf ist, zu führen.
Unsere Partnerschaft ist nicht die protokollarische Begegnung eines Bürgermeisters und eines „Maire“. Im Gegenteil: sie ist von starken Beziehungen zwischen Menschen, zwischen Familien geprägt.
Und weil wir uns auf allen Ebenen, europaweit, weltweit, immer mehr vernetzen,  sind die Begegnungen vor Ort mehr denn je notwendig.

Interkulturelle Ausbildung, Einführung in die Mobilität, die europäische Staatsbürgerschaft - die die Besonderheiten der einzelnen aber nicht verleugnen soll – Solidarität,  diese Stichpunkte erscheinen als Kernfragen für die Selbstverwirklichung der Bürger, die Demokratie und für das empfindliche Gleichgewicht, auf dem die Beziehungen zwischen Staaten ruhen.
Dies ist die Nachricht, denke ich, die wir unseren Kindern vermachen sollen: sie werden uns danach beurteilen, was wir ihnen als Erbe hinterlassen.